Trente ans de messes
Ma jeunesse, c'était trente ans de messes...
Treize ans
de critiques des religieuses
de critiques de l'éducation rigide
et aussi de la morale stricte
et aussi des prières
et aussi des obligations de messes et de sacrements
et aussi du contenu de l'instruction : des listes de dates historiques
l'histoire sainte
Heureusement, il restait : les rédactions, la géographie, les sciences naturelles.
Ma seule interrogation était : qu'est-ce que le plaisir ?
où est le plaisir ?
mais je ne pouvais pas demander aux adultes.
Treize ans suivant :
folie amoureuse avec abolition du temps historique
comme si j'avais été présente sur les chemins de Palestine
et qu'un homme immense m'ait appelé par mon nom
bonheur d'une présence fictive
souffrance du manque réel.
Ma seule question : où est la sainteté c'est à dire pour moi l'Amour ?
Et puis, ce fut l'entrée dans une communauté
et puis, ce fut la prise de conscience lente que toute communauté a les défauts de la société :
soif de pouvoir
hiérarchie
flirt avec l'argent
conditionnement psychologique
et j'ai pleuré et on m'a dit :
" Demain, je vous ramène chez votre mère "
Alors petit à petit, en voyant la colère de ma mère, je me suis posée des questions et je me suis dit :
" je vivrai une religion à moi, une religion comme je le veux "
Interrogations qui ont évolué et qui persistent aujourd'hui.
Je n'ai pas trouvé de communauté
Je n'ai pas trouvé de bonheur dans le mariage
Et pourtant, je suis sûre que le bonheur existe, alors je creuse...