Des animaux
Ils m'ont accompagné tout le long de mon enfance, j'ai appris avec eux plus que dans les livres d'école.
J'ouvrais la porte et la cour s'étalait avec tous ces mystères, toutes ces interrogations, toutes ces colères.
A droite, c'était la rangée de lapinières; chaque cage avait ces spécimens : les gris, les marrons et parfois un ou deux blancs aux yeux rouges ( de vilains yeux ), mystère des croisements. Ils n'étaient pas contents, toujours enfermés dans ces cages grillagées, nourris pour être mangé.
Malgré mes précautions, souvent des mères stressées par une visite inattendue, détruisaient leurs nids, on disait même qu'elles mangeaient leurs petits mais elle ne l'a jamais vu. Elle se contentait de ramasser leurs cadavres.
Elle observait aussi les poules chamoisées, grises, noires qui picoraient ou caquetaient avec leurs yeux étonnés. Elles semblaient être libres mais le coq roi de tout ce harem était là pour sanctionner. Drôle de société !
Ce qui l'intriguait le plus c'était la couvaison : il y avait celles qui avaient des oeufs à couver et qui quittaient le nid à peine le temps pour manger ; il y avait celles qui ne couvaient rien et qui restaient éternellement sur le nid, sans bouger, sans manger. La petite fille pensait : " Mon dieu, comme elles sont bêtes "
Le gros chien blanc était un peu son confident quand il voulait l'écouter !